La presse en parle

 Théâtre de la Chouc'routerie
20 rue Saint-Louis - 67000 STRASBOURG
Tél : 00 33 (0)3 88 36 07 28 - Fax : 00 33 (0)3 88 24 16 49
theatre@choucrouterie.com

 

 
La presse en parle
REVUE SATIRIQUE 2017/2018 - DNA 8/11/2017

En marche ! , Am Arsch ! : la 24e revue de la Choucrouterie à Strasbourg

Les réservations sont au plus haut ! Intitulée En Marche ! pour les uns, Am Arsch ! pour les autres , la 24e  revue satirique de la Choucrouterie, à Strasbourg, prend son élan vendredi soir. Près d’une centaine de représentations sont annoncées.

Il veut bien en convenir, le titre de cette revue 2017 ne prétend pas remporter le prix de l’élégance. Mais si la Chouc’ n’est pas la Comédie Française, Roger Siffer tient tout de même à lever l’équivoque qu’une maîtrise insuffisante du dialecte pourrait induire. Certes, le mot Arsch en alsacien indique une certaine partie assez rebondie de notre anatomie. En revanche, « la formule am Arsch est aussi utilisée dans le langage courant pour dire que c’est “foutu”, pas forcément qu’on l’a dans le… », indique le patron de la Chouc’, se gardant chastement de finir sa phrase.

Et d’ajouter, regard narquois : « C’est drôle parce qu’en général, les gens ne retiennent jamais vraiment les titres de nos revues, mais ce coup-ci, nous avons énormément de retours positifs. » Est-ce justement à ce titre à résonance scatologique que le théâtre strasbourgeois doit ses 4 000 réservations, à deux jours de la première ? « On est à 500 places vendues en plus par rapport à l’an dernier », se réjouit Roger Siffer.

À l’affiche, le jeu des opportunismes

Privilégiant toujours l’actualité de l’année, l’équipe de la Chouc pouvait difficilement ignorer la déferlante de La République en Marche inscrite dans le sillage de l’élection d’un certain Emmanuel Macron. « Ce qui nous a particulièrement amusés, c’est le jeu des opportunismes et des ralliements qui s’est déclenché à la suite des présidentielles. Et le sort du Parti socialiste… C’est vraiment “En Marche pour les uns et Am Arsch” pour les autres », persiste-t-il.

Un titre d’autant plus savoureux que justement, marcher, le Grand Sachem de la Chouc’ le fait plus difficilement suite à une opération de la hanche. « Il faut que j’attende encore un peu avant de m’inscrire au marathon de New York », ironise-t-il. Mais on sait que depuis deux ou trois ans déjà, il paye moins de sa personne sur la scène de la Chouc’– «Il faut bien laisser un peu de place aux jeunes ! »

Mis en scène par Pierre Diependaële, Etienne Fanteguzzi et Louis Ziegler, le spectacle persiste dans ce vertige de deux salles mitoyennes dans lesquelles se tiennent en simultané un spectacle en dialecte et un autre en français. Les artistes ne cessent d’aller de l’une à l’autre, disposant un petit espace central pour se changer avant chaque sketch.

« C’est toujours un défi. En plus, cette année, les costumes et accessoires sont particulièrement nombreux et imposants », soupire Susanne Mayer.

Et comme à la Chouc’, on cajole son public et qu’en plus, la revue est centrée sur la marche, les spectateurs recevront au sortir de la salle une semelle en carton. Une seule ? « Oui, parce qu’on est pour l’échangisme », précise Roger Siffer.

Serge Hartmann

Du 10 novembre au 25 mars à la Choucrouterie, 20 rue Saint-Louis à Strasbourg. Du mercredi au samedi (20 h 30 en alsacien ; 20 h 45 en français) ; et dimanche (17 h en alsacien, 17 h 15 en français). www.theatredelachouc.com

 
PARTENARIAT CLAUDE MEYER - DNA 8/11/2017

Sainte-Marie-aux-Mines - Insolite 10 000 semelles pour la Choucrouterie !

Entre l’entrepreneur sainte-marien Claude Meyer et le cabarettiste Roger Siffer, c’est une affaire qui marche ! Le premier va fournir 10 000 semelles qui seront offertes à la fin du nouveau spectacle de la Choucrouterie qui démarre vendredi soir.

L’histoire remonte à février dernier, quand Claude Meyer se rend pour la première fois au théâtre de la Choucrouterie à Strasbourg, avec des amis sainte-mariens. Il s’y régale du spectacle, qu’il regarde en alsacien, car il est dialectophone. À l’issue de la revue satirique, il félicite les comédiens, qu’il retrouve plus tard au dîner, installés à la table à côté.

Toujours bon pied bon œil, il prend le temps de parler de sa nouvelle invention, les semelles en carton, et propose à chacun des membres de la troupe de dévoiler sa pointure, pour qu’il puisse leur en envoyer par La Poste dans les jours qui suivent.

Chose promise, chose due, et l’échantillon le plus grand revient en retour avec les autographes de toute l’équipe, artistes et techniciens. Une œuvre qu’il a encadrée, comme de bien entendu !

Après les rustines, les vis et les boulons

« Après chaque spectacle, on offre un cadeau symbolique aux gens, ça permet d’avoir un dernier contact avec eux, de leur dire au revoir, comme dans les restos étoilés, plaisante Roger Siffer. Ce cadeau, c’est plus important pour les gens qu’on ne le croit. Certains nous les remontrent la saison suivante… »

La Choucrouterie a ainsi déjà offert des rustines après le spectacle « Excusez du pneu », et l’an dernier, elle a noué un premier partenariat avec une entreprise privée : la société Würth, basée à Erstein, avait offert quelques palettes d’écrous, à destination de ceux qui ont « pété un boulon » dans la version française de « Droit d’asile… de fous », et des vis en version alsacienne, « Narrestall ! », en référence à l’expression « s’fehlt dir e Schrub ». Le cabarettiste notant de manière grivoise que l’assemblage d’une vis et d’un écrou peut donner quelques sympathiques étincelles…

Alors pour la nouvelle saison, la troupe s’est à nouveau mise à cogiter pour trouver un nouveau cadeau à offrir. Cette fois-ci, le spectacle s’intitule « En Marche ! Pour les uns, Am Arch ! pour les autres ! » Les méninges ont d’abord imaginé un sparadrap, qui soulagerait les petits petons de promenades harassantes… C’est alors que Roger Siffer s’est souvenu des semelles de Claude Meyer. Ni une ni deux, du haut de sa pointure 41, pas même sur son 31, il a téléphoné à l’entrepreneur sainte-marien pour lui proposer un partenariat.

M. Meyer offre ainsi 10 000 semelles, correspondant presque au nombre de spectateurs attendus (12 000) à la revue satirique, entre le 10 novembre et le 8 avril.

En contrepartie, M. Meyer peut tamponner le nom de sa société sur toutes les semelles, qui deviennent ainsi d’originales cartes de visite ; et bénéficie d’une publicité gratuite d’une page dans le Feuille de Chouc’, le programme distribué aux spectateurs, et de la présence de sa société sur tous leurs supports de communication.

Et ça ne le dérange pas, lui qui est originaire de la vallée de Villé, d’offrir des cadeaux fabriqués dans l’autre plus belle vallée du monde, celle de Sainte-Marie-aux-Mines ? Roger Siffer s’en sort avec une pirouette : « Non, ça va, vu qu’il a sa maison [en carton] à Scherwiller ! » Mais, ce village ne se situe pas dans la vallée de Villé ! « C’est à l’entrée ! Et il y a eu la révolte des paysans là-bas, alors ça va ! »

Tampons et slogans

Tout s’est mis en place rapidement. Claude Meyer a commandé des tampons tout spécialement pour cette opération, et un slogan en conséquence : « Pour partir du bon pied, il faut marcher bien isolé. Pour garder sa maison au chaud, penser à l’isolant carton de Claude Meyer, médaille d’or au concours Lépine 2017. » Une stagiaire sainte-marienne, Sarah Burillon, lui donne un coup de main pour assurer les dix jours de travail afin de découper les 10 000 semelles en carton et les tamponner.

« C’est une opération importante car cela peut aider à booster les ventes », analyse M. Meyer. « On a mis un service commercial en place, qui a déjà référencé les semelles dans plusieurs boutiques bio de la région, jusqu’à Kehl. » C’est aussi une façon de ne pas mettre ses semelles dans le même sabot…

Anne Muller

 
HENNER CHEZ LES YENNISCH ALBERT WEBER

"HENNER CHEZ LES YENNISH" : LA RÉVÉLATION SÉBASTIEN JOST  à Théâtre de la Choucrouterie - 25 septembre 2017

Pas la peine de téléphoner à la Choucrouterie pour espérer trouver des places pour une des 6 représentations de "Henner chez les Yennisch" annoncé comme un "théâtre musical multilingue avec surtitrage en français" : TOUT est complet!

Et c'est tant mieux car ce spectacle d'un peu plus d'une heure est un événement pour bien des raisons.

A commencer par l'éclairage porté sur ceux qu’on appelle les "gitans blonds", à ne surtout pas confondre avec les tziganes !

PHILOMÈNE, YUL BRYNNER, https://www.cialissansordonnancefr24.com/cialis-pharmacie/ MARX BROTHERS, STEPHANE EICHER ...

L'existence de ce peuple qui fut longtemps nomade remonte au 13ème siècle et le texte de Roger Siffer lui rend un efficace hommage entre monologues, chansons, anecdotes ...

... avec nombre de références historiques distillées ici et là au gré des interventions de Stéphane Jost.

Yuy Brynner, les Marx Brothers, Stéphane Eicher et plusieurs autres célébrités surgissent ainsi sans qu'on les attende dans ce spectacle sans temps morts ...

... entre rires des blagues (le fameux couple Henner et Philomène !) parfois intraduisibles en français et émotion notamment dans l'évocation du génocide provoqué par les nazis.

Autre émotion, celle qui vous saisit quand il est question avec force anecdotes du "Robin des Bois" alsacien Simon Schneider auquel Roger Siffer a consacré une inoubliable chanson.

Cette chanson est reprise par Stéphane Jost, unique artiste sur scène : et parler de révélation n'est pas du tout exagéré avec ce comédien-chanteur-musicien très bien connu dans la région de Lembach.

TOUT le spectacle repose sur cet artiste de 29 ans très à l'aise en paroles et musiques tout en jonglant entre plusieurs langues.

Et la judicieuse mise en scène signée Jean-Pierre Schlagg met en relief les diverses facettes de la vie quotidienne des "gitans blonds" (langue, métiers, habits, etc) pour qui la liberté a été une évidence quotidienne hors des codes et des lois de la société....

UN PROJET DE LONGUE DATE DE ROGER SIFFER

La création de "Henner chez les Yennish" résulte d'un vieux rêve de Roger Siffer qui date des années 70, quand avec Suzanne Mayer il a connu Simon Schneider.

Étant donné les réservations suscitées par ce spectacle donné à guichets fermés à toutes les représentations, il est indispensable que "Henner chez les Yennisch" bénéficie d'autres représentations à la Choucrouterie, et ailleurs en Alsace.

Car le destin de ces "gitans blonds" est intimement lié à l'Histoire multiculturelle de l'Alsace. Une évidence qu'il est bon de rappeler.

Albert Weber
www.planetefrancophone.fr

 

 
HENNER CHEZ LES YENNISCH - DNA 19/9/2017

STRASBOURG - Du 26 septembre au 1er octobre

Les “gitans blonds” s’invitent à la Chouc’

Certains prétendent qu’ils descendent des Suédois de la Guerre de Trente Ans : les Yennisch, les « gitans blonds », ont toujours fait rêver Roger Siffer. Il leur consacre un spectacle porté par le jeune Stéphane Jost où s’entremêlent textes et chansons

Quand il en parle, c’est avec entrain et un regard gourmand. On comprend assez vite ce qui, chez les Yennisch (ou Yéniches), fascine le patron du théâtre de la Choucrouterie. La liberté, l’irrévérence, le refus de toute autorité, la capacité à défendre par-delà le temps une culture singulière, avec sa langue et ses codes, une inaptitude à rentrer dans le rang qui leur vaudront d’être persécutés par les nazis.

« Ils étaient colporteurs, rétameurs, aiguiseurs de ciseaux, vannier, pratiquaient plein de petits métiers autour du métal et de l’osier, raconte Roger Siffer qui a épluché toute la documentation possible sur le sujet. Certains prétendent aussi qu’à l’origine ils élevaient des chevaux et fournissaient les armées qui bataillaient durant la Guerre de Trente Ans. »

Une Guerre de Trente Ans à laquelle les rattacherait une origine mythologique : « Comme ils sont de type “blond aux yeux bleus”, ce qui est plutôt rare pour une communauté assimilée aux gitans, on a prétendu qu’ils descendaient des Suédois venus semer la terreur dans la vallée du Rhin. » Levant les yeux au ciel, le Grand Sachem de la Chouc’ en convient : « C’est peu probable mais c’est tout de même une belle histoire. »

Henner, Philomène et Franz font rire l’Alsace populaire

Certes, il le concède, dans les temps anciens, lorsque les Yennisch pratiquaient encore le nomadisme, ils n’avaient pas forcément bonne presse au sein de la population. Parcourant les routes de part et d’autre du Rhin, il leur était reproché une certaine propension à ne pas toujours respecter le bien d’autrui. « Certains étaient mêmes carrément des brigands. La chronique a conservé le souvenir d’une femme qui était à la tête d’une bande yennisch. Plus près de nous, le fameux bandit Simon Schneider, qui défraya la chronique judiciaire dans les années 70, était un Yennisch, poursuit Roger Siffer qui l’a bien connu. Notre premier contact a fait suite à une émission radiophonique. J’avais prétendu qu’il était tzigane. Il m’avait écrit de prison pour me dire que non, qu’il était yennisch. Par la suite, il m’a beaucoup parlé de ce peuple, de ses codes et de sa langue. Comme celle-ci à de nombreux emprunts yiddish, on prenait les Yennisch pour des juifs alors qu’ils étaient de fervents catholiques. »

En Alsace, une culture orale populaire, mélange d’histoires et de blagues parfois salaces, a également été marquée par les Yennisch. Elle se manifeste notamment par les personnages fictifs et très burlesques de Henner, de sa femme Philomène et de leur fils Franz. « Béatrice et Freddy Sarg ont collecté l’équivalent de trois volumes d’histoires drôles », indique Roger Siffer. Qui avait toujours eu l’intention, « depuis au moins Simon Schneider », de consacrer un spectacle aux Yennisch.

Il franchit aujourd’hui le pas, s’attaque à un texte, mobilise les compétences de l’ami Jean-Pierre Schlagg pour la mise en scène et donne sa chance à un jeune comédien repéré au théâtre alsacien de Lembach, Stéphane Jost, qui n’en revient pas d’un tel honneur : occuper en solo, avec sa petite carriole de rémouleurs, la scène de la Chouc’. «Quand Roger m’a proposé le rôle, je n’ai pas hésité. J’ai même mis mon job d’ambulancier de côté pour les répétitions », explique-t-il, avec de petites étoiles dans le regard.

Chantant et jonglant avec les langues, pimentant le spectacle des élucubrations drolatiques de Henner et Philomène, Stéphane Jost racontera la difficile et très libre vie des Yennisch d’autrefois. Que les non-dialectophones n’aient crainte, le spectacle est surtitré en français.

Du 26 septembre au 1er octobre au théâtre de la Choucrouterie à Strasbourg. Du mardi au samedi, à 20 h 30 ; dimanche à 18 h. Spectacle multilingue avec surtitrage en français.

Serge Hartmann

 

 

 
MOZART, LA TRUITE & RABBI JACOB

DNA 14/9/2017

S trasbourg - À la Choucrouterie jusqu’à dimanche Mozart, la Truite et Rabbi Jacob

Mozart, la Truite et Rabbi Jacob ou comment retracer les diagonales qui unissent l’opéra à la culture juive. Sur la scène de la Choucrouterie, l’ensemble Passerelles se penche sur le sujet sous la direction d’Hector Sabo.

Il suffit d’ouvrir l’œil. Attentif. Et constater que l’histoire de l’opéra est parsemée de croisements de culture juive européenne.

À commencer par les récits de la Bible, les Psaumes du Roi David ou le Cantique des Cantiques du Roi Salomon, repris dans les plus illustres partitions.

Schubert, Rossini, Offenbach…

Quant aux grandes figures de la musique classique, Mozart, arrivé à Vienne après avoir été chassé d’un coup de pied de Salzbourg par un prince-archevêque peu sympathique, avait été accueilli avec bienveillance dans la capitale autrichienne par des juifs de la cour. Ou encore, Lorenzo Da Ponte, librettiste des célèbres Noces de Figaro , Don Giovanni et Cosi fan tutte de Mozart, était d’origine juive.

Puis, il y a aussi les amitiés juives de Schubert à Vienne et celles de Rossini à Paris, sans oublier Félix Mendelssohn à Berlin et Jacques Offenbach encore à Paris.

Avec Hector Sabo, Dan Leclaire…

Voici brièvement l’histoire que racontent en musique et avec beaucoup d’humour l’ensemble « Passerelles », présenté par Dan Leclaire, magicien-illusionniste et réuni autour du piano d’Hector Sabo, musicien arrangeur, chef d’orchestre, accompagnateur, chanteur et professeur au Conservatoire de Strasbourg, puis directeur artistique et musical des Polyphonies Hébraïques de Strasbourg et du Chœur Juif de France.

…et l’ensemble Passerelles

À l’affiche, la soprano Rebecca Joy-Lohnes, artiste franco-américaine, ayant baigné depuis son enfance dans la comédie musicale, le chant hébraïque et le répertoire lyrique, les mezzo-soprani Magda Lukovic, collaboratrice de plusieurs chœurs et orchestres en Alsace et en Allemagne et Florence Felz, enseignante et saxophoniste. À la basse œuvre Jean Moissonnier, professeur des écoles passionné de musiques anciennes et de musique hébraïque.

Iuliana Salzani-Cantor