Accueil > Spectacles > La presse en parle > HENNER CHEZ LES YENNISCH - DNA 19/9/2017
HENNER CHEZ LES YENNISCH - DNA 19/9/2017

 Théâtre de la Chouc'routerie
20 rue Saint-Louis - 67000 STRASBOURG
Tél : 00 33 (0)3 88 36 07 28 - Fax : 00 33 (0)3 88 24 16 49
theatre@choucrouterie.com

 

 
HENNER CHEZ LES YENNISCH - DNA 19/9/2017

STRASBOURG - Du 26 septembre au 1er octobre

Les “gitans blonds” s’invitent à la Chouc’

Certains prétendent qu’ils descendent des Suédois de la Guerre de Trente Ans : les Yennisch, les « gitans blonds », ont toujours fait rêver Roger Siffer. Il leur consacre un spectacle porté par le jeune Stéphane Jost où s’entremêlent textes et chansons

Quand il en parle, c’est avec entrain et un regard gourmand. On comprend assez vite ce qui, chez les Yennisch (ou Yéniches), fascine le patron du théâtre de la Choucrouterie. La liberté, l’irrévérence, le refus de toute autorité, la capacité à défendre par-delà le temps une culture singulière, avec sa langue et ses codes, une inaptitude à rentrer dans le rang qui leur vaudront d’être persécutés par les nazis.

« Ils étaient colporteurs, rétameurs, aiguiseurs de ciseaux, vannier, pratiquaient plein de petits métiers autour du métal et de l’osier, raconte Roger Siffer qui a épluché toute la documentation possible sur le sujet. Certains prétendent aussi qu’à l’origine ils élevaient des chevaux et fournissaient les armées qui bataillaient durant la Guerre de Trente Ans. »

Une Guerre de Trente Ans à laquelle les rattacherait une origine mythologique : « Comme ils sont de type “blond aux yeux bleus”, ce qui est plutôt rare pour une communauté assimilée aux gitans, on a prétendu qu’ils descendaient des Suédois venus semer la terreur dans la vallée du Rhin. » Levant les yeux au ciel, le Grand Sachem de la Chouc’ en convient : « C’est peu probable mais c’est tout de même une belle histoire. »

Henner, Philomène et Franz font rire l’Alsace populaire

Certes, il le concède, dans les temps anciens, lorsque les Yennisch pratiquaient encore le nomadisme, ils n’avaient pas forcément bonne presse au sein de la population. Parcourant les routes de part et d’autre du Rhin, il leur était reproché une certaine propension à ne pas toujours respecter le bien d’autrui. « Certains étaient mêmes carrément des brigands. La chronique a conservé le souvenir d’une femme qui était à la tête d’une bande yennisch. Plus près de nous, le fameux bandit Simon Schneider, qui défraya la chronique judiciaire dans les années 70, était un Yennisch, poursuit Roger Siffer qui l’a bien connu. Notre premier contact a fait suite à une émission radiophonique. J’avais prétendu qu’il était tzigane. Il m’avait écrit de prison pour me dire que non, qu’il était yennisch. Par la suite, il m’a beaucoup parlé de ce peuple, de ses codes et de sa langue. Comme celle-ci à de nombreux emprunts yiddish, on prenait les Yennisch pour des juifs alors qu’ils étaient de fervents catholiques. »

En Alsace, une culture orale populaire, mélange d’histoires et de blagues cialis parfois salaces, a également été marquée par les Yennisch. Elle se manifeste notamment par les personnages fictifs et très burlesques de Henner, de sa femme Philomène et de leur fils Franz. « Béatrice et Freddy Sarg ont collecté l’équivalent de trois volumes d’histoires drôles », indique Roger Siffer. Qui avait toujours eu l’intention, « depuis au moins Simon Schneider », de consacrer un spectacle aux Yennisch.

Il franchit aujourd’hui le pas, s’attaque à un texte, mobilise les compétences de l’ami Jean-Pierre Schlagg pour la mise en scène et donne sa chance à un jeune comédien repéré au théâtre alsacien de Lembach, Stéphane Jost, qui n’en revient pas d’un tel honneur : occuper en solo, avec sa petite carriole de rémouleurs, la scène de la Chouc’. «Quand Roger m’a proposé le rôle, je n’ai pas hésité. J’ai même mis mon job d’ambulancier de côté pour les répétitions », explique-t-il, avec de petites étoiles dans le regard.

Chantant et jonglant avec les langues, pimentant le spectacle des élucubrations drolatiques de Henner et Philomène, Stéphane Jost racontera la difficile et très libre vie des Yennisch d’autrefois. Que les non-dialectophones n’aient crainte, le spectacle est surtitré en français.

Du 26 septembre au 1er octobre au théâtre de la Choucrouterie à Strasbourg. Du mardi au samedi, à 20 h 30 ; dimanche à 18 h. Spectacle multilingue avec surtitrage en français.

Serge Hartmann

 

 

  Retour à la page précédente